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L’Égypte des pharaons
De Khéops à Ramsès II

Naître du chaos.
Écrire le temps.
Devenir lumière.

Atelier des Lumières — L’Égypte des pharaons (immersion)

En février 2024, l’Atelier des Lumières a ouvert un cycle de 3 300 ans d’histoire. Non pas sous forme de vitrines. Mais dans la lumière.

Exposition immersive présentée à l’Atelier des Lumières
Ouverture : 9 février 2024

Conçue par Virginie Martin pour Culturespaces, cette création m’a vu intervenir en qualité de conseiller scientifique. Sélection des images. Validation de la chronologie. Cohérence du récit. Traduire l’égyptologie en espace.

Habituellement dédié à la mise en mouvement des grandes œuvres picturales, l’Atelier des Lumières accueille ici une civilisation entière. L’histoire et la science s’y conjuguent à l’expérience artistique. Les images de l’Égypte ancienne ne sont plus seulement des documents : elles deviennent surfaces vivantes.

Le parcours embrasse plus de trois millénaires. De la création du monde aux grandes dynasties. Des dieux fondateurs aux scènes de la vie quotidienne.

Projection — cosmogonies et émergence du monde

Dans la pensée pharaonique, le temps n’est pas seulement linéaire. Il est cyclique.

Le récit s’ouvre sur les grandes cosmogonies pharaoniques : l’émergence du monde hors de l’océan primordial, le Noun. La lumière surgit. Les premières divinités apparaissent. L’ordre cosmique s’installe.

Le Nil traverse ensuite le parcours comme une présence structurante. Fleuve nourricier, axe vital de la civilisation, il rappelle que l’Égypte fut qualifiée d’« don du Nil ». Autour de lui s’organisent agriculture, temples, villes et dynasties.

Puis viennent les hommes. Une séquence montre l’œil solaire laissant apparaître des figures humaines. Elle renvoie aux Textes des Pyramides, attestés dès la fin de la Ve dynastie sous Ounas : le démiurge Atoum-Rê engendre les hommes par ses larmes. Dans la langue égyptienne, le terme désignant les larmes et celui désignant les hommes se répondent par homophonie. Un jeu linguistique devenu principe cosmologique.

Barque solaire, nuit, combat cosmique

La barque solaire traverse ensuite la nuit. Le serpent Apophis tente de la renverser. Chaque nuit, Rê doit combattre, protégé notamment par Seth. Si la barque sombre, la lumière disparaît. La survie du monde dépend d’un combat répété.

Isis et Nephtys apparaissent comme grandes pleureuses divines. Associées au milan femelle — dont le cri évoque celui des lamentatrices — elles accompagnent le défunt jusqu’à la pesée de l’âme. Leur lamentation participe symboliquement à son salut.

À partir du décor du temple d’Hathor à Dendara, construit sous Ptolémée XII et Cléopâtre VII, l’exposition évoque un phénomène astronomique rare : une double éclipse lunaire et solaire autour de 50 avant notre ère. Un événement céleste figé dans la pierre, investi d’une portée dynastique.

L’or et les parures : lumière terrestre

L’or traverse le parcours comme une lumière terrestre. Richesse économique majeure de l’Égypte. Mais surtout matière théologique.

Les textes funéraires décrivent la chair des dieux comme étant d’or et leurs os comme d’argent. Le pharaon est qualifié d’Horus d’or. Porter l’or n’est pas orner le corps. C’est manifester une nature divine. Les bijoux ne décorent pas : ils transforment.

Ici, l’image n’est pas encadrée. Elle enveloppe. Le visiteur peut rester immobile, recevoir la projection comme un film. Il peut aussi circuler. À chaque déplacement, les détails changent : fragments subtils, crue stylisée du Nil, larmes projetées à même le sol, scènes surgissant à différentes hauteurs. Où que l’on se tienne, l’expérience diffère.

Au centre, une colonne rassemble repères chronologiques et œuvres structurantes : un point fixe dans le flux. À l’entrée, un QR code permet de télécharger un guide numérique détaillant chaque séquence. L’immersion appelle l’explication. La science organise le regard.

La musique participe pleinement à la dramaturgie. Des références aussi diverses que Verdi ou Led Zeppelin accompagnent les séquences, mêlant culture savante et culture populaire.

Le vernissage s’est tenu dans le cadre d’une collaboration avec Ubisoft. Deux séquences issues d’Assassin’s Creed: Origins jalonnent le parcours : l’une consacrée aux pyramides et au Sphinx de Gizeh, l’autre au temple de Karnak.

L’un des partis pris majeurs repose sur le regard.
Le spectateur adopte, le temps d’un instant, le point de vue des dieux.
Soyez divins.

Avant l’ouverture au public, plusieurs captations ont été réalisées dans l’espace encore vide. Le jour du lancement officiel, j’ai présenté l’exposition aux journalistes présents. Le projet, engagé près d’un an auparavant, trouvait là son aboutissement. Dans le cadre de sa médiatisation, j’ai également présenté les partis pris scientifiques et pédagogiques de l’exposition lors d’une émission consacrée à l’éducation et à la transmission.

Émission spéciale — Vidéo de présentation : voir

L’exposition a été prolongée par une série de conférences et de rencontres.

Atelier des Lumières — L’Égypte des pharaons (immersion)

Les 15 et 16 février 2024, de 14h à 18h, séances de dédicaces autour de Mystères et secrets des pharaons (Éditions Larousse). Le 1er mai 2024, dédicace à 16h suivie d’une conférence à 18h consacrée aux cosmogonies pharaoniques et aux créations du monde dans l’Égypte ancienne. Le 2 mars 2024, à partir de 14h, nouvelle séance de signatures. Le 9 mars 2024, à 10h, conférence sur les bijoux pharaoniques envisagés comme fragments du corps des dieux. Le 26 juin 2024, à 18h, conférence dédiée à Akhenaton et au culte d’Aton, précédée d’une séance de dédicace autour notamment de Premiers pas en hiéroglyphes (Éditions Larousse).

Vestiges engloutis du delta — fin du parcours

Cette dernière revenait sur la réforme religieuse d’Amenhotep IV, devenu Akhenaton, et sur l’instauration progressive d’un culte centré sur le disque solaire Aton, en rivalité avec le puissant clergé d’Amon-Rê. Nefertiti y occupe également une place centrale.

Certaines rencontres ont intégré des extraits d’Assassin’s Creed: Origins comme support visuel complémentaire. Plusieurs conférences ont affiché complet, accompagnées de nombreuses dédicaces et d’échanges avec un public particulièrement attentif, notamment de jeunes visiteurs.

Le parcours s’achève parmi des vestiges engloutis du delta, en écho aux explorations sous-marines associées à Franck Goddio. Toute civilisation laisse des traces. Parfois sous l’eau.

Observer la création.
Assister au combat cosmique.
Traverser les dynasties.
Un instant suspendu.

Naître du chaos.
Écrire le temps.
Devenir lumière.