Penser l’Égypte ancienne depuis la pierre
Une inscription gravée dans le désert oriental.
Un nom divin tracé il y a près de quatre millénaires.
Une formule dont l’agencement révèle une logique.
La religion égyptienne ne se comprend pas uniquement à travers ses récits : elle se construit dans l’écriture, dans la pierre, dans le monument. C’est à partir de cette matérialité que je mène l’enquête.
Mon travail analyse la pensée religieuse égyptienne à partir de ses formes d’inscription : stèles votives et funéraires, textes monumentaux, traditions hiéroglyphiques et dispositifs cryptographiques.
L’écriture n’y est pas un simple support ; elle participe de la construction du divin.
Parcours académique
Formé à l’histoire à l’Institut Catholique de Toulouse (Licence, 2007), je me suis spécialisé en égyptologie à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV).
Master 1 (2010–2011), Mention Bien
Les constructions circulaires à caractère religieux en Égypte ancienne
(direction : Dominique Valbelle)
Master 2 (2011–2012), Mention Très bien
La chapelle sehenet du dieu Min : typologie et lexicographie
(direction : Dominique Valbelle)
Doctorat en égyptologie (2013–2017)
sous la direction de Pierre Tallet.
Thèse soutenue le 23 novembre 2017 :
Min, le « puissant des dieux » : le dieu Min, de la Première Période intermédiaire à la fin de la Deuxième Période intermédiaire.
Min est l’une des plus anciennes divinités du panthéon égyptien. Son culte est attesté dès l’Ancien Empire et connaît un développement important en Haute-Égypte, notamment à Coptos et à Akhmîm. Il est principalement associé à la fertilité, à la puissance génératrice et à la régénération. Dans l’iconographie pharaonique, il est représenté sous forme anthropomorphe, tenant un fléau, et peut présenter une iconographie explicitement liée à la fécondité, soulignant sa fonction de force vitale.
Cette recherche propose une étude historique et philologique du dieu Min au IIe millénaire av. J.-C., fondée sur l’analyse croisée des sources textuelles, monumentales et archéologiques. Elle met en lumière les transformations régionales et politiques d’une figure divine majeure entre la Première Période intermédiaire et la fin de la Deuxième Période intermédiaire.
Distinctions
- 2014 – Boursier de l’Institut français d’archéologie orientale (IFAO)
- 2016 – Boursier de l’Université Paris-Sorbonne (Mission des doctorants à l’étranger)
Une formation complémentaire en communication (Bachelor, European Communication School, 2008–2011, Mention Félicitations du jury) complète ce parcours et nourrit une attention constante aux enjeux de diffusion du savoir scientifique.
Axes de recherche
Mes recherches s’articulent autour de champs étroitement liés :
- La religion égyptienne ancienne
- Le dieu Min et ses évolutions historiques
- Les stèles votives et funéraires du Moyen Empire et de la Deuxième Période intermédiaire
- Les sanctuaires et nécropoles de Coptos et d’Abydos
- L’épigraphie, la prosopographie et la généalogie (fin du IIIe–IIe millénaire av. J.-C.)
- La paléographie de la Troisième Période intermédiaire
- La cryptographie hiéroglyphique
L’objectif est de restituer la cohérence interne de la pensée religieuse égyptienne en l’inscrivant dans ses cadres matériels, sociaux et politiques.
Le terrain comme méthode
Le terrain constitue le cœur de ma démarche scientifique.
Je mène une activité régulière d’épigraphiste en Égypte, participant à l’étude et à la documentation des inscriptions monumentales et rupestres.
Participations scientifiques :
- Mission épigraphique de Karnak (Centre franco-égyptien d’étude des temples de Karnak – CFEETK)
- Mission épigraphique de Tanis, Sân el-Hagar (Mission française des fouilles de Tanis – MFFT)
- Numérisation des archives de la Mission française des fouilles de Tanis à l’École pratique des hautes études (EPHE)
Depuis 2015 :
- Membre de la mission épigraphique de Tanis
- Membre de l’Académie hiératique de l’Institut français d’archéologie orientale (IFAO, Le Caire)
- Membre de la mission épigraphique de Karnak
Depuis 2014 :
- Responsable de la numérisation des archives de la Mission française des fouilles de Tanis (EPHE)
Actuellement :
Co-directeur de la mission épigraphique du Ouadi Hammamat avec le Dr Annie Gasse (CNRS) et le Dr Vincent Morel (Université Yale), programme scientifique consacré à l’étude, au relevé et à l’analyse des inscriptions rupestres et des carrières pharaoniques du désert Oriental égyptien.
Cette mission documente les corpus épigraphiques du Ouadi Hammamat, analyse leurs contextes historiques et religieux et les replace dans les réseaux politiques, économiques et cultuels de l’Égypte ancienne.
Enseignement et diffusion
Je suis chargé d’enseignement en histoire et en histoire de l’art de l’Égypte pharaonique à l’Institut Catholique de Paris, et depuis 2014 chargé de cours en égyptologie pour l’association « L’Égyptien de Bois d’Arcy ».
Je suis également :
- Membre associé du laboratoire Mondes pharaoniques, équipe de recherche rattachée à la Sorbonne Université (Unité mixte de recherche 8167 « Orient & Méditerranée »), consacré à l’étude de l’histoire, des textes et des cultures de l’Égypte ancienne et du Proche-Orient
- Président du Cercle Pétrarque , association culturelle consacrée à la diffusion des savoirs sur les civilisations anciennes et au dialogue entre recherche académique et public cultivé.
Conférences, enseignement et projets collectifs prolongent l’enquête scientifique dans l’espace du débat et de la transmission.
Une recherche ancrée et ouverte
Étudier l’Égypte ancienne, c’est accepter que la pensée religieuse ne soit ni abstraite ni figée : elle est inscrite, matérialisée, transformée par l’histoire.
C’est depuis cette matérialité que je travaille, en articulant rigueur philologique, engagement de terrain et exigence de transmission.
Comprendre les signes.
Comprendre les dieux.
Comprendre la logique qui les relie.