← Retour aux Recherches & Publications
Cryptographie hiéroglyphique
Écrire pour dissimuler, révéler et transformer le sens.
...
Mes recherches portent sur les mécanismes cryptiques de l’écriture hiéroglyphique et sur leur rôle dans la construction symbolique, religieuse et politique des monuments pharaoniques, y compris dans leurs dimensions spatiales et volumétriques.
À travers une approche croisant philologie, épigraphie et analyse iconographique, j’explore la manière dont ces dispositifs produisent plusieurs niveaux de lecture et structurent le discours du pouvoir dans l’Égypte ancienne.
L’étude des dispositifs cryptiques implique également une observation matérielle des supports monumentaux, où le texte et l’architecture interagissent.
Présentation de mes recherches
Cette démarche prend la forme d’une étude approfondie de la cryptographie hiéroglyphique, c’est-à-dire des procédés d’écriture et de lecture cryptiques développés dans l’Égypte ancienne.
Ces dispositifs ne relèvent pas d’un simple jeu décoratif. Ils reposent sur des mécanismes précis : substitutions de signes, combinaisons symboliques, jeux visuels et agencements spatiaux réfléchis. Dans certains cas, le support lui-même — monument, architecture ou objet cultuel — participe activement à la construction du message.
Dans certaines configurations, ces mécanismes impliquent également une organisation spatiale du discours. La disposition des signes et la forme matérielle du support contribuent alors conjointement à la production du sens. Cette dimension peut conduire à l’identification de dispositifs que je désigne comme des formes de cryptographie tridimensionnelle.
J’emploie cette expression pour désigner des configurations dans lesquelles le message ne repose pas uniquement sur la lecture linéaire des hiéroglyphes, mais également sur leur organisation spatiale et sur la forme matérielle du support. Le sens se construit ainsi à la croisée du texte, de l’image et du volume.
Mon approche se situe à la croisée de l’épigraphie, de la philologie et de l’analyse iconographique. Elle vise à comprendre :
- comment ces systèmes cryptiques fonctionnent ;
- à quels publics ils étaient destinés ;
- ce qu’ils révèlent de la pensée religieuse, politique et intellectuelle de l’Égypte ancienne.
Ces recherches montrent que certaines inscriptions possèdent plusieurs niveaux de lecture : un sens immédiatement visible et un autre, plus discret, parfois accessible à des lecteurs spécialisés.
L’ensemble de ces travaux s’inscrit dans un programme plus large consacré aux formes cryptiques de l’écriture monumentale à travers différentes périodes de l’histoire pharaonique.
Les monuments pharaoniques : des secrets encore à révéler
Même aujourd’hui, des monuments étudiés depuis des générations peuvent encore livrer des éléments inédits. Loin d’avoir épuisé leur potentiel d’interprétation, certains portent des dispositifs graphiques et symboliques d’une grande complexité, parfois imperceptibles au premier regard.
L’étude des cryptotextes montre ainsi que ces œuvres monumentales demeurent des espaces dynamiques d’analyse, capables de renouveler notre compréhension de la pensée et de l’ingéniosité intellectuelle de l’Égypte ancienne.
L’analyse de l’obélisque s’appuie sur une lecture directe des inscriptions, rendue possible par un travail d’observation approfondi sur le monument.
L’obélisque de la Concorde : nouvelles lectures
Mes recherches sur l’obélisque de Louxor, aujourd’hui érigé place de la Concorde à Paris, m’ont conduit à identifier plusieurs cryptotextes intégrés dans la structure même du monument.
L’analyse met en évidence un message de légitimation adressé à l’élite pharaonique sous le règne de Ramsès II. Elle souligne notamment l’évolution du protocole royal, avec l’ajout du nom « Sétepenrê » au cartouche d’Ousermaâtré, renforçant l’affirmation d’une élection divine.
L’étude iconographique révèle également qu’une des scènes supérieures diffère des autres. Cette variation prend tout son sens dans le contexte rituel originel du monument, visible depuis le Nil lors des processions liées à la fête d’Opet.
À ce jour, plusieurs cryptographies ont été identifiées sur l’obélisque, et les recherches se poursuivent.
Certains médias ont évoqué une « nouvelle Pierre de Rosette » ou parlé d’un « Champollion du XXIe siècle ». Ces formules relèvent du registre journalistique et traduisent l’intérêt suscité par le fait qu’un monument aussi étudié puisse encore révéler des éléments inédits.
Publications scientifiques
Article
OLETTE-PELLETIER, Jean-Guillaume.
« Une clé vivante du langage des dieux. Un exemple de cryptographie tridimensionnelle sur le trône d’enfant de Toutânkhamon (Carter n° 39 / JE 62033 / GEM 378) ».
Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale
, 2021, vol. 121, p. 397-411.
DOI :
10.4000/bifao.9365
OLETTE-PELLETIER, Jean-Guillaume.
« L’anneau caché du scarabée d’or. Une écriture cryptique double sur un pectoral de Toutânkhamon ».
Égypte, Afrique & Orient
, 2019, p. 31-38.
Ouvrage
OLETTE-PELLETIER, Jean-Guillaume.
Cryptographies pharaoniques. Nouvelle lecture de l’obélisque de la Concorde.
Montpellier : CENiM, 2025 (CENiM, 46).
Informations éditeur :
CENiM — Éditions ENiM
Cet ouvrage développe une nouvelle lecture des inscriptions de l’obélisque de la Concorde à la lumière des mécanismes de la cryptographie hiéroglyphique.
Communication scientifique
OLETTE-PELLETIER, Jean-Guillaume.
« Cryptic iconographies and cryptographies on First Intermediate Period stelae ». 2020.
Disponible sur
Academia.edu
Présentation scientifique consacrée aux iconographies et inscriptions cryptiques observées sur des stèles de la Première Période intermédiaire.
Presse et retombées médiatiques
Les travaux consacrés aux cryptographies de l’obélisque de la Concorde ont suscité un intérêt médiatique en France et à l’international. Les articles suivants relèvent du registre journalistique et proposent une mise en perspective destinée au grand public :
- « Plusieurs messages cachés découverts sur l’obélisque de la Concorde par un égyptologue français ». Sciences et Avenir, 15 avril 2025.
- « Une langue avec plusieurs niveaux de lecture : ce que révèlent les messages codés découverts sur l’obélisque de la Concorde ». Le Figaro, 16 avril 2025.
- « Une cryptographie tridimensionnelle : des messages codés déchiffrés sur l’obélisque de la Concorde ». BFMTV, 17 avril 2025.
- « Il y en a probablement d’autres : un égyptologue français découvre des messages cachés sur l’obélisque de la Concorde ». TF1info, 17 avril 2025.
- « L’invité de 6h20 — France Inter ». Radio France (France Inter), 17 avril 2025.
- « Secret messages decoded from Luxor obelisk in Paris ». The Times, 18 avril 2025.
- « Plusieurs messages cachés sur l’obélisque de la Concorde ». Le Progrès Egyptien, 21 avril 2025.
- « Un égyptologue a découvert des hiéroglyphes cachés sur l’obélisque de la Concorde ». TF1info, 23 avril 2025.
- « Secret messages detected on Egyptian obelisk in Paris ». Archaeology.org, 6 mai 2025.
- « Expert identifies ancient propaganda praising pharaoh, may have challenged Moses ». Fox News, 21 mai 2025.
- « RENCONTRE. Cet égyptologue a déchiffré des messages cachés sur l’obélisque de la Concorde à Paris ». Ouest-France, 11 juin 2025.
Conférences et interventions institutionnelles
Le 1ᵉʳ décembre 2025, une conférence consacrée aux mécanismes de la cryptographie hiéroglyphique et aux nouvelles lectures de l’obélisque de la Concorde s’est tenue à Marseille, à la Tour La Marseillaise, à l’initiative de M. Amr Elrachidi, Consul général d’Égypte.
Organisée dans le cadre d’un événement marquant l’ouverture du Grand Musée Égyptien (GEM), cette intervention a permis de présenter les résultats des recherches devant un public institutionnel et diplomatique.
Conclusion
L’étude de la cryptographie hiéroglyphique montre que les monuments pharaoniques ne sont pas seulement des vestiges du passé : ils demeurent des constructions intellectuelles complexes, dont certaines dimensions restent encore à explorer.
Remerciements
La rentrée de Radio France fut l’occasion pour moi de remercier celle qui, alors Ministre de la Culture, m’a permis d’être le premier égyptologue à gravir l’obélisque de la Concorde afin d’y mener ces observations : Mme Roselyne Bachelot.
Je remercie également Radio France pour m’avoir donné l’opportunité d’évoquer publiquement ces travaux.
Mes remerciements s’adressent enfin à l’ensemble des médias, rédactions et journalistes, en France comme à l’international, qui ont relayé ces recherches et contribué à leur diffusion auprès d’un large public.